Jeudi 3 mai, collège Saint Joseph : Conférence débat :
" Comment accompagner son enfant dans le travail scolaire ? "
animée par Pascal Le Gratiet et Liliane Le Jacques, formateurs à l'IFPB Bretagne.
Une des missions essentielles de l'école, c'est la transmission des savoirs à l'élève, ce qui sous entend que celui-ci comprenne, assimile et retienne ce qui lui est énoncé pendant les cours. Là dessus, tout le monde est d'accord, sauf que dans la pratique, les choses ne se déroulent pas toujours de cette façon.
Certains élèves développeront plus que d'autres des capacités à coder et assimiler une information. D'autres facteurs, comme l'environnement familial peuvent être déterminants dans la réussite ou l'échec scolaire.
Un pédagogue et philosophe français, Antoine de la Garderie, a travaillé sur ces thèmes et préconise un certain nombre de mesures pour guider l'élève vers la réussite scolaire. Pour comprendre l'échec scolaire, Antoine de la Garderie a travaillé à partir d'élèves qui réussissent. Il a discerné chez ceux-ci cinq gestes mentaux :
1. Les gestes mentaux
- Etre attentifs
- Mémoriser
- Comprendre
- Refléchir
- Imaginer
Comprendre : Beaucoup d'élèves ont comme principal objectif de trouver la bonne réponse à un problème posé, sans pour autant être capable d'expliquer le cheminement qui les a conduits à cette bonne réponse.
Imaginer : Pour mémoriser l'information, l'élève est libre de naviguer dans son propre imaginaire, et par exemple de relier le cours d'histoire et un film vu au cinéma, ou même de se créer ses propres constructions mentales, son propre modèle, fictif ou réel, qui lui permettra de graver l'information.
Pour fonctionner, il est essentiel que ces idées soient reprises et développées
au sein de l'établissement, mais également au sein de la famille
et que l'élève, au cur du sujet applique cette nouvelle
façon de fonctionner, d'où l'intérêt de travailler
dès le primaire sur ce sujet.
2. Réactivation, évocation et mise en projet
L'information transmise par l'enseignant s'évapore naturellement au bout de quelques temps (ça commence dès la fin de l'heure de cours !). Il est essentiel de réactiver cette information :
- avant chaque cours (2-3 mns).
- à la fin de chaque cours : on fait remonter les informations essentielles
(2-3 mns).
- chaque soir, avant d'entamer le travail personnel : travail de réactivation
sur le contenu des cours de la journée (10 mns).
Cette réactivation passe obligatoirement par l'évocation : l'élève se remémore et fait revivre l'information (ça peut être la trace écrite), cahier fermé, éventuellement à l'aide de ses propres constructions mentales. Les parents peuvent demander à l'enfant de raconter les cours de la journée, ce qui amène l'élève à entrer en évocation.
Dans un second temps, l'élève vérifie l'exactitude de l'information, en ouvrant son manuel ou son cahier de cours.
3. La mise en projet
Pour que la mémorisation de l'information soit efficace, l'élève doit " mettre en projet " cette information. Par exemple :
- " Je dois comprendre et mémoriser l'exercice de maths pour le
contrôle de jeudi "
- " Je dois être capable de réciter mon poëme demain
"
- " Je dois être capable d'expliquer le français à
mon petit frère "
Cette mise en projet de l'élève est capitale. Elle doit coïncider avec le projet que l'enseignant propose. L'élève doit pouvoir mettre le cours en projet, pour ne retenir que l'essentiel.
Concernant le codage et la mémorisation de l'information, il faut noter
que tous les élèves n'ont pas la même stratégie d'apprentissage.
Certains sont visuels : Ils traitent l'information en images, traduisent par exemple les raisonnements mathématiques en graphiques ou tableaux.
D'autres sont auditifs : Ils ont besoin d'entendre l'information pour la mémoriser. Le travail de réactivation pour ces élèves consiste généralement à faire revivre mentalement les paroles du professeur.
Pour conclure :
Accompagner son enfant dans le travail scolaire avec l'objectif de réussite, c'est décider de la mise en place de pratiques communes au collège et à la maison, notamment la réactivation quotidienne des cours.
1. C'est aussi accepter le principe que tous les élèves sont
différents, que chacun a son propre profil et que vouloir, pour un parent,
imposer son propre mode de fonctionnement à son enfant est souvent une
erreur.
2. Le choix du moment consacré au travail à la maison est très
important (respecter les moments de détente et de loisir pour permettre
à l'enfant de travailler plus efficacement)
Le travail doit se dérouler de la manière suivante :
1. Je réactive, cahier fermé
2. Je note sur mon cahier d'apprentissage ce qui m'a éventuellement posé
problème. Je transcrits éventuellement ce que j'ai appris en graphiques
ou en tableaux pour rendre l'information assimilable et mémorisable
3. Je vérifie.